Récit fantastique de Lola

Cette histoire se passe au début du XIXème siècle.

Je me rappelle de cette fin de journée douce mais fraîche du mois de juin, dans une de ces petites rues très animées de Lyon.

Je n’avais que vingt ans alors. J’étais souvent soul à cette époque, mais alors là, ça dépassait toutes les fois où je l’étais ! Et j’avais un mal de tête horrible.

Dans cette petite rue très animée de Lyon, je marchais difficilement, courbé par la douleur à cause d’un verre de trop.

J’avais la terrible sensation de marcher dans un bateau qui serait aller naviguer sur une mer déchaînée.

Je m’arrêtai dans un Bouchon de la rue pour me reposer et reprendre mes esprits qui étaient là bien dérangés. Je vomissais à n’en plus finir.

Les gens de la rue me regardaient avec dégoût et insistance. J’entendais les murmures de ces gens en redingote, chaussures cirées et belles robes, me dire des méchancetés à moi, Jean Armand de la Cour, habillé de guenilles à cause d’une bande de brigands qui me croyaient faible.

Je sombrai dans une mélancolie qui m’enlevait toute joie de vivre et d’aimer.

Mais alors que je regardais ma montre pour voir le temps qui passait, je vis ma trotteuse s’arrêter brusquement, comme ça, sans prévenir. (C’était une montre à gousset).

Je fus très surpris de ce brusque arrêt. Je l’avais emmenée chez l’horloger la semaine d’avant.

Je levai la tête pour demander l’heure à un serveur. Et là, je fus pris de stupeur et de peur.

TOUT LE MONDE S’ETAIT ARRÊTE dans les mouvements qu’ils faisaient. Tout était figé comme si le temps s’était arrêté.

J’étais le seul à ne pas être figé. Je me levai, tremblant de peur, étais-je devenu fou ? Je ne sais point. Donc, je marchai dans cette rue figée, à tâton, le soir tombant lourdement sur la ville de Lyon.

Et jr crus m’évanouir, la table, la chaise, les personnes figées et les animaux qui étaient aussi figés s’envolèrent dans le ciel et allèrent danser avec les étoiles.

Je crus devenir fou, ensorcelé, abasourdi par un mirage. C’est alors que je commençai à flotter dans les airs, à voler !

Je commençai à rire, à rire, et encore rire, à crier d’une folle joie en étant complètement désespéré : « Je vole !!! ». J’étais tout en même temps heureux, fou, joyeux, en colère et plein de peur. En un mot j’étais devenu complètement fou ! Je riais aux éclats, je dansais avec les étoiles. Quand tout d’un coup tout s’arrêta. Je fus pris d’une peur et d’une angoisse qui me tordait le ventre.

J’entendais mon cœur battre à toute allure. Je fus pris d’un malaise. Et là je me sentis tomber d’un coup, l’air frais de la nuit me fouetta le visage. Je fermai mes yeux. Et quand je les rouvris je découvris avec stupeur que j’étais toujours à la terrasse de ce bouchon. Les gens marchaient et moi je n’avais plus mal à la tête. Et je repris ma route avec ce souvenir très incongru qui me restait en mémoire. Et que je rapporte aujourd’hui.

Je repartis donc sur la route avec une impression de vérité qui me troublait, et qui me trouble encore aujourd’hui. Je reste profondément marqué par ce que j’ai vécu dans cette petite rue de Lyon quand je n’avais encore que 20 ans.

Lola Rollet

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